L’ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) sous la présidence de Joseph Kabila, Kalev Mutond, est décédé ce lundi 5 octobre 2026 à Paris (France) à l’âge de 69 ans. L’information a été confirmée ce matin par une source familiale.

Les causes exactes de son décès au sein d’un établissement hospitalier parisien n’ont pas été rendues publiques.
Originaire du Katanga, où il est né le 3 mars 1957, cet homme d’ombre aura été le visage sécuritaire du régime Kabila. Entré très jeune dans les services de renseignement, il franchit tous les échelons avant d’être nommé maître d’œuvre de la sécurité nationale en octobre 2011. Il restera près de huit ans à la tête de l’ANR, une longévité inédite pour ce poste hautement stratégique.
Surnommé le « super flic », Kalev Mutond incarnait le premier cercle de défense du pouvoir de Joseph Kabila. Sa gestion est rapidement pointée du doigt par la communauté internationale et les organisations des droits de l’homme, qui dénoncent une répression brutale de l’opposition et des acteurs de la société civile, en particulier lors des crises politiques liées au report de la présidentielle.
Ces accusations lui valent d’être ciblé par des sanctions financières et des interdictions de voyager édictées par les États-Unis en 2016, puis par l’Union européenne en 2017.

Remplacé en mars 2019 peu après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, il fait face à d’importantes poursuites judiciaires à Kinshasa pour tortures, arrestations arbitraires et tentatives d’assassinat, introduites par d’anciens opposants et détenus. Après avoir quitté le pays et vécu dans la clandestinité sous le coup d’un mandat de recherche émis en 2021, la justice congolaise avait levé son avis de recherche en août 2023, lui permettant de réapparaître publiquement.
Sa disparition marque la fin du parcours de l’une des figures les plus puissantes et controversées de l’histoire sécuritaire récente de la République démocratique du Congo.

